Histoire de Mazda : du moteur rotatif à la MX-5 Miata

De Hiroshima au moteur rotatif Wankel, en passant par la MX-5 et la victoire au Mans 1991, plus d'un siècle d'ingénierie automobile japonaise.

Plus que par ses volumes, Mazda s'est fait une place dans le paysage automobile par un attachement industriel à Hiroshima et un goût marqué pour les solutions techniques à contre-courant. Du moteur rotatif Wankel au roadster MX-5, en passant par une victoire au Mans avec un quadrirotor, le constructeur japonais a construit son identité autour d'une ingénierie qui assume ses choix et d'une gamme aujourd'hui marquée par la philosophie Skyactiv.

Une firme née à Hiroshima en 1920

La société voit le jour le 30 janvier 1920 sous le nom de Toyo Cork Kogyo, spécialisée à l'origine dans la fabrication de bouchons de liège, avant de glisser vers les machines-outils sous l'impulsion de Jujiro Matsuda. Le siège s'installe à Hiroshima, où il demeure aujourd'hui encore, et la firme produit son premier véhicule motorisé en 1931 avec un tricycle utilitaire baptisé Mazda-Go. Ce nom, choisi en hommage à la divinité zoroastrienne Ahura Mazda, ne deviendra raison sociale officielle qu'en 1984. Entre-temps, l'entreprise survit au bombardement atomique du 6 août 1945 et reprend très vite son activité industrielle, contribuant à la reconstruction de la ville.

Le pari du moteur rotatif Wankel

L'élément le plus distinctif de l'identité technique du constructeur reste l'adoption précoce du moteur rotatif conçu par l'ingénieur allemand Felix Wankel. Sous licence acquise en 1961 auprès de NSU, les bureaux d'études de Hiroshima passent près de six ans à fiabiliser les segments d'étanchéité du rotor avant la commercialisation. Le Cosmo Sport 110S, présenté en 1967, devient le premier coupé bi-rotor produit en série au monde et ouvre une longue lignée de modèles à pistons rotatifs : RX-2, RX-3, RX-4 puis RX-7. Là où la plupart des constructeurs renoncent dans les années 1970, la firme de Hiroshima continue d'industrialiser cette technologie, malgré sa consommation élevée et l'enjeu des normes anti-pollution. Cette persévérance forge la réputation d'audace technique de la marque, plus tardivement reprise par Honda et d'autres constructeurs japonais sur d'autres niches techniques.

La RX-7, sportive emblématique des années 1980

Lancée en 1978, la RX-7 incarne ce credo en l'inscrivant dans une silhouette de coupé deux places à la ligne tendue. Trois générations se succèdent jusqu'en 2002, avec une version FD3S à double turbo qui reste une référence parmi les sportives japonaises de l'époque. À ses côtés, la berline familiale 626 et la compacte 323 assurent les volumes commerciaux, en grande partie grâce à un partenariat capitalistique avec Ford entre 1979 et 2010, qui partage plusieurs plateformes avec la firme nippone.

Le succès mondial du roadster MX-5

En 1989, la MX-5, dérivée du concept Miata, redéfinit le segment du petit roadster en s'inspirant des Lotus Elan et MGB britanniques. Légère, à propulsion, équilibrée, elle devient le roadster deux places le plus vendu de l'histoire, statut consigné par le Livre Guinness des records dès l'an 2000. Quatre générations se succèdent depuis, en gardant la philosophie originelle : moteur en position centrale avant, poids contenu, plaisir de conduite à petite vitesse. Le modèle reste un argument-image central pour le constructeur sur les marchés européens et nord-américains.

Une victoire au Mans en 1991

Le 23 juin 1991, la 787B à moteur rotatif quadri-rotor R26B devient la première — et longtemps la seule — voiture japonaise à remporter les 24 Heures du Mans, dans les mains de Volker Weidler, Johnny Herbert et Bertrand Gachot. Ce succès dans la Sarthe couronne deux décennies d'engagement en endurance et porte la signature sonore particulière du moteur rotatif jusque dans la mémoire collective du sport automobile. Aucun autre constructeur japonais ne décrochera de victoire à la Sarthe avant 2018 et le sacre de Toyota.

Skyactiv et la gamme contemporaine

À partir de 2010, le constructeur lance sa philosophie Skyactiv, qui combine l'optimisation des moteurs essence et diesel à des châssis allégés et à un design baptisé Kodo. Le bloc essence Skyactiv-G affiche un taux de compression de 14:1, et son équivalent diesel Skyactiv-D adopte au contraire un taux abaissé pour limiter les émissions de NOx. La compacte Mazda 3, la berline Mazda 6 et le SUV CX-5 composent l'épine dorsale du catalogue, complétés par les CX-30, CX-60 et le grand CX-90 destiné principalement aux marchés nord-américains. Le crossover MX-30, lancé en 2020, signe l'entrée de la firme dans l'électrique de série, avec une variante prolongateur d'autonomie à moteur rotatif comme clin d'œil à son histoire technique. La séparation capitalistique d'avec Ford en 2010 a rendu au groupe son indépendance, à laquelle s'est ajouté en 2017 un partenariat technique avec Toyota autour des plateformes électrifiées.

Mazda sur le marché français

La marque commercialise actuellement en France l'ensemble de sa gamme à travers un réseau de concessionnaires indépendants, avec un mix dominé par les SUV CX-5 et CX-30. Pour comparer ces modèles aux annonces du marché de l'occasion, la page véhicules d'occasion Mazda donne une vue d'ensemble des références disponibles. Pour aller plus loin, le site officiel français, la fiche Wikipedia consacrée à la marque et le dossier L'argus détaillent l'historique modèle par modèle.